Maintien d’une bonne ossature
Contrairement aux dents, l'os est un tissu qui se forme et se dégrade tout au long de la vie. Ce phénomène permet de remplacer l'os ancien par de l'os jeune, et de réparer les différents dommages subis. Ce remodelage osseux est nécessaire pour modifier la taille de l'os pendant sa croissance, réparer les lésions, maintenir les taux de calcium sérique et fournir une source d'autres minéraux.
C’est ce qu’a démontré une étude chinoise de 2014, portant sur 257 adolescents supplémentés en calcium pendant 2 ans à différentes doses. Les résultats montrent qu'une supplémentation en calcium améliore la minéralisation osseuse et le rapport masse maigre/masse grasse chez les adolescents chinois [12].
Pour les femmes, la déminéralisation osseuse s’accélère dès le début de la ménopause, à cause de la diminution de la production d'œstrogènes. L’augmentation des apports calciques permet de compenser - au moins partiellement - la réduction de l’absorption du calcium, et ralentit visiblement la déminéralisation pendant cette période. Une autre étude, visant à supplémenter chaque jour en calcium 450 femmes avec 500 ou 250 mg ou un placebo, a montré qu’un supplément de calcium de 500 mg/j peut ralentir efficacement la perte minérale osseuse du rachis lombaire chez les femmes péri- et post-ménopausées ayant un apport calcique habituellement faible, mais son effet sur le col du fémur est moins certain. Le dosage de la supplémentation en calcium devrait donc être réévalué [5].
Coagulation sanguine
Le calcium joue un rôle clé dans la coagulation - puisque sa présence est indispensable à toutes les étapes de la cascade de coagulation – mais aussi dans le process d’hémostase. Pour rappel, l’hémostase permet la protection vasculaire lorsqu’une brèche apparaît. La coagulation correspond schématiquement à la fabrication puis la dégradation contrôlée d’un caillot, afin d’obturer la brèche et réparer le vaisseau.
En outre, une étude, menée sur 1460 femmes d’environ 75 ans, supplémentées – ou non, pour l’effet placebo – en calcium pendant plusieurs années, a montré que le calcium n'augmentait pas le risque de maladie cardiovasculaire chez ces femmes d'un âge avancé. Une analyse plus poussée suggèrerait même que la supplémentation en calcium réduirait le risque d'hospitalisation chez les patients ayant des antécédents de troubles cardiovasculaires.
Par ailleurs, la structure-même des plaquettes reflète l’importance du calcium, car leur cytoplasme renferme de nombreux granules riches en calcium. C’est cette richesse en calcium qui va permettre de recruter d’autres plaquettes, au moment du process d’hémostase, permettant ainsi la formation du clou plaquettaire.
[13,14]
Fonction et contraction musculaires
Rappelons que l’augmentation de la concentration intracellulaire en calcium intervient dans les deux étapes de la contraction musculaire, donc le couplage électro-calcique puis la calcium-contraction.
La genèse du potentiel d’action (PA) d’une fibre musculaire - qui est à l’origine de la contraction musculaire - s’effectue au niveau de la plaque motrice, grâce à une stimulation nerveuse. La propagation de ce PA est due à l'ouverture de canaux sodiques et calciques voltages-dépendants. C’est le phénomène de couplage électro-calcique.
Suite au signal d’excitation évoqué ci-dessus, c’est encore l’entrée massive de calcium qui va déclencher la deuxième étape, soit la contraction musculaire.
Après le passage du potentiel d’action, les canaux voltage-dépendants se referment et le calcium est recyclé.
C’est dire si le calcium a une importance primordiale dans tous les mécanismes de contraction musculaire !
[15,16]
Neurotransmission normale
Physiologiquement, l’entrée massive de calcium dans une terminaison nerveuse, par ouverture des canaux calciques, aboutit en cascade à la libération d’acétylcholine au niveau de la plaque motrice, ce qui génère un potentiel d’action donc une contraction sous forme de conduction nerveuse [15].